Vous avez peut-être une vision de 10/10, mais cela ne garantit pas une perception fiable des couleurs.
En effet, de nombreux facteurs physiques et environnementaux influencent notre perception des couleurs.
Le plus important d’entre eux est l’éclairage.
Nous ne voyons que les objets qui réfléchissent la lumière vers nos yeux, et la couleur que nous percevons dépend des longueurs d’onde ainsi réfléchies.
La lumière que nous percevons comme « froide » contient davantage de bleu, tandis qu’une lumière « chaude » est plus jaunâtre. La couleur d’une source lumineuse peut être décrite en mesurant les puissances relatives des différentes longueurs d’onde. Lorsque cette distribution spectrale de puissance (SPD) varie, la lumière réfléchie vers nos yeux change également, ce qui modifie les couleurs que nous percevons.
D’autres facteurs influencent également les couleurs que vous voyez, notamment l’arrière-plan d’un objet, l’altitude, l’âge, certains médicaments et la mémoire.
Ces nombreux facteurs physiques et personnels limitent notre capacité à percevoir les couleurs avec exactitude. Une gestion objective et de haute qualité des couleurs ne peut donc pas reposer uniquement sur la vision humaine. Pour identifier et reproduire les couleurs avec précision, nous avons besoin d’outils et de processus qui nous permettent de dépasser nos propres limites.
La technologie nous aide à surmonter ces contraintes.
Les spectrophotomètres, les logiciels et d’autres outils, tels que les boîtes à lumière, sont conçus pour réduire la subjectivité de la perception des couleurs. Toutefois, ils ne sont efficaces que s’ils sont correctement utilisés. C’est pourquoi nous avons choisi l’espace chromatique L*a*b* CIE 1976, généralement appelé CIELAB. Il s’agit d’un espace colorimétrique particulièrement adapté à la caractérisation des couleurs de surface. Les couleurs y sont définies par trois grandeurs : L*a*b* , les paramètres du système sont les suivants :
- la clarté L*, dont les valeurs vont de 0 (noir) à 100 (blanc de référence) ;
- le paramètre a*, qui représente la position sur l’axe vert ↔ rouge ;
- le paramètre b*, qui représente la position sur l’axe bleu ↔ jaune.
Deux possibilités d’utilisation s’offrent à vous : la détermination de la couleur à fabriquer par mesure de la couleur au spectrophotomètre, afin de nous communiquer ses valeurs Lab, et l’utilisation du spectrophotomètre pour identifier la référence RAL la plus proche d’une couleur donnée.
Une seconde utilisation permet de vérifier la conformité de la couleur réceptionnée en sélectionnant le calcul de comparaison fondé sur le Delta E.
Le calcul de la différence entre deux couleurs, désignées respectivement comme le standard et l’échantillon, repose sur la mesure de la distance entre leurs points respectifs dans l’espace colorimétrique. Sur le plan mathématique, cette évaluation s’appuie sur une formule permettant de quantifier l’écart entre les trois valeurs qui composent chacune des couleurs, telles qu’elles sont déterminées par le spectrophotomètre. Le schéma ci-dessous illustre les écarts entre ces trois valeurs.
Cette méthode permet ainsi de mesurer l’écart entre la couleur à reproduire, appelée standard ou couleur de référence, et l’échantillon, correspondant à la couleur fabriquée. Cet échantillon est généralement obtenu par trempage d’une bande de cuir dans le recolorant.
D’un point de vue pratique, l’œil humain moyen ne perçoit généralement aucune différence de couleur lorsque la valeur Delta E est inférieure ou égale à 3. Toutefois, un observateur particulièrement entraîné et sensible peut détecter des différences de couleur dès une valeur de Delta E égale à 1.